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Dictionnaire démographique multilingue (première édition, 1958)

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De Demopædia
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Introduction à Demopædia
Préface | Index général
Chapitres : 1. Généralités (index 1) | 2. Élaboration des statistiques démographiques (index 2) | 3. État de la population (index 3) | 4. Mortalité et morbidité (index 4) | 5. Nuptialité (index 5) | 6. Fécondité (index 6) | 7. Mouvement général de la population, reproduction (index 7) | 8. Migrations (index 8) | 9. Démographie économique et sociale (index 9)
Pages : 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 20 | 21 | 22 | 23 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 40 | 41 | 42 | 43 | 50 | 51 | 52 | 60 | 61 | 62 | 63 | 70 | 71 | 72 | 80 | 81 | 90 | 91 | 92 | 93

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La statistique démographique1 (sg.) est l’art de rassembler les renseignements numériques2, ou données numériques2, concernant les populations (101-3), et de les présenter sous forme de statistiques démographiques (102-2). Les observations3 relatives aux diverses unités statistiques (110-1) sont d’abord collectées4 à l’aide de formules (206-1) appropriées, et les documents (cf. 221-2) ainsi obtenus sont ensuite contrôlés5, ou vérifiés5, pour en éliminer les erreurs les plus manifestes. On procède alors à la mise en tableaux6 des données, grâce au classement7 des observations. Cette dernière opération consiste à grouper les unités statistiques présentant certaines caractéristiques communes, de façon à répartir les observations en un certain nombre de classes8. L’exploitation statistique9 des données comporte toutes les opérations succédant à leur collecte, y compris éventuellement leur analyse (132-1).

  • 1. statistique démographiquestatisticien-démographe, s. m. : spécialiste de la statistique démographique.
  • 4. collecter, v. t. — collecte, s. f.
  • 5. contrôler, v. t. — contrôle, s. m. vérifier, v. t. — vérification, s. f.
  • 7. classement, s. m. : action de classer (v. t.); résultat de cette action — classification, s. f. : cadre de classement.
    ventiler, v. t. : répartir par classes — ventilation, s. f. : opération correspondante.

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Les données brutes1, ou données de base1, résultant des opérations précédentes (cf. § 130), sont constituées par des séries2 de nombres absolus3 généralement présentées sous forme de tableaux numériques4. Leur classement (130-7) peut être ordonné d’après les valeurs de certains caractères quantitatifs, qui sont alors considérés comme des variables5 (ex. âge, nombre d’enfants; cf. § 143), ou effectué d’après certains caractères qualitatifs6 (ex. sexe, état matrimonial). Lorsque le classement résulte de la prise en considération simultanée de plusieurs caractères, on obtient des tableaux à multiple entrée7double entrée, à triple entrée, etc.). On appelle tableau récapitulatif8 un tableau groupant la matière d’une collection de tableaux partiels9.

  • 1. D’une façon générale, on qualifie de brut, tout résultat obtenu par des procédés assez directs et relativement simples, pour le distinguer de résultats de même nature, spécialement élaborés en vue d’une analyse particulière (cf. 132-2), et considérés comme mieux adaptés à cette analyse..
  • 3. Dans l’expression : nombre absolu, l’adjectif absolu s’oppose implicitement à relatif (tantôt synonyme de proportionnel133-2*—, tantôt signifiant évalué par comparaison — cf. 136-2), comme dans les expressions : valeur absolue et valeur relative.

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L’analyse1 d’une documentation numérique implique généralement le calcul de résultats élaborés2 à partir des données brutes (131-1). Un des premiers stades de l’analyse consiste d’ordinaire à calculer3 des rapports (133-1), certaines catégories d’entre eux ayant reçu des dénominations spéciales selon leur nature : proportions, taux, indices (cf. § 133 à 136).

  • 2. élaboré, pp. ff. adj. — élaborer, v. t. — élaboration, s. f. : travail long et soigné.
  • 3. calculer, v. t. — calcul, s. m. — calculateur, s. m.; calculatrice, s. f. : spécialiste du calcul.

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Le mot rapport1 peut servir à désigner tout quotient de deux nombres l’un par l’autre. Une proportion2 est un rapport exprimant quelle fraction d’un ensemble représente l’une de ses parties constitutives. Un pourcentage3 est une proportion exprimée pour cent (notation : %). Le mot taux4désignait, à l’origine, un rapport d’une nature particulière, exprimant la fréquence5 ou plus précisément la fréquence relative5 (cf. 144-3), d’apparition d’un événement (201-3) au sein d’une population (101-3) ou d’une sous-population (101-5), en un certain laps de temps : ex. taux de natalité (630-1). Mais on rencontre le mot taux employé dans des acceptions si variées, qu’elles n’ont guère en commun que l’idée de rapport : ex. taux d’activité (350-6), taux de remplacement (711-3*).

  • 2. proportion, s. f. — proportionnel, adj.
  • 4. La terminologie technique française établit une distinction entre les taux de ce type — dénommés éventuellement taux moyens (cf. 432-3) —, et les quotients (cf. 432-2, 522-2 et 636-3). On ne définit des quotients que pour des cohortes (116-2) parfaitement identifiées d’individus tous susceptibles d’éprouver un certain événement qui les exclut de la cohorte. Au numérateur figure le nombre de tels événements observés dans la cohorte pendant une certaine période, et au dénominateur l’effectif de cette cohorte au début de ladite période.
    Les taux sont généralement exprimés pour mille (notation : °/00) ou pour quelque autre puissance de 10 (cf. 421-7). — Noter que les mots taux de sont parfois sous-entendus : ex. une natalité de 20 °/oo équivaut à un taux de natalité de 20 pour mille (sous-entendu : habitants).

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La fréquence (133-5) d’un événement est parfois considérée comme une mesure expérimentale de sa probabilité1 d’apparition. Ceci revient à présumer que l’événement en question représente un risque2 auquel sont soumis tous les individus constituant le groupe en cause, lesquels sont dits exposés au risque3. (Noter que l’emploi du mot risque en cette acception technique n’implique aucunement que l’événement considéré soit indésirable.) Lorsque le risque auquel sont exposés les divers éléments d’une population est d’intensité très variable, on s’efforce de se rapprocher des conditions idéales d’homogénéité4 où chaque individu serait soumis à un risque identique, en fractionnant la population en groupes moins hétérogènes5 par rapport au risque, c’est-à-dire à l’intérieur desquels la variabilité (141-1) du risque est moins grande que dans la population totale. Les taux calculés pour de tels groupes sont parfois appelés taux spécifiques6, par opposition aux taux généraux7 calculés pour l’ensemble de la population.

  • 1. probabilité, s. f. — probable, adj. — probabiliste, adj. : relatif au calcul des probabilités; ff. s. m. : spécialiste de ce calcul,
  • 4. homogénéité, s. f. — homogène, adj.
  • 5. hétérogène, adj. — hétérogénéité, s. f.
  • 6. Noter que l’expression taux spécifique n’est guère employée que comme dénomination générique, et que l’usage français est de considérer l’adjectif spécifique comme explétif dans la désignation particulière des taux : on dit, p. ex., taux par âge, et non taux spécifique par âge.
  • 7. Noter que la loi de transfert de la qualification joue de façon constante pour l’adjectif général en cet emploi : on dit taux de mortalité générale, pour taux général de mortalité (cf. 401-4* et 631-6*).

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Les données (cf. 130-2) sont dites provisoires1 lorsqu’elles reposent sur des renseignements incomplets ou insuffisamment contrôlés, et définitives2 dans le cas contraire. Les taux (133-4) calculés sur de telles bases sont dénommés respectivement taux provisoires3 et taux définitifs4. Quand des renseignements inattendus conduisent à modifier un résultat considéré jusqu’alors comme définitif, il vaudrait mieux parler de taux révisé5 que de taux rectifié5. Cette dernière expression se rencontre en effet employée comme synonyme de taux corrigé6, avec toutes les ambiguïtés qui peuvent en résulter. On peut en effet corriger un taux, non seulement lorsqu’il est basé sur des données défectueuses, mais aussi quand on estime préférable d’employer une méthode de calcul mieux appropriée au but qu’on se propose. Le sens de l’expression ne peut alors résulter que du contexte. La meilleure façon de préciser ce sens paraît consister à employer l’expression sous la forme taux corrigé de6 ..., tel phénomène (ex. du mouvement saisonnier, des mouvements migratoires). On appelle taux comparatif7 un taux spécialement élaboré en vue de comparer l’intensité d’un phénomène (p. ex. la mortalité — cf. § 403) dans diverses populations, abstraction faite de l’incidence sur la mesure du phénomène étudié, de certains facteurs de différenciation existant entre les populations en cause (p. ex. leur structure par âge). Par opposition à ces taux élaborés, ceux qui résultent des calculs les plus simples sont appelés taux bruts8 (cf. 131-1*).

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Au sens le plus général du terme, le mot indice1 sert de dénomination générique pour désigner toute caractéristique numérique élaborée, utilisée pour l’analyse d’une documentation numérique (cf. § 132, et des exemples d’emploi du mot indice en ce sens sous n°8 141-3 et 152-4). Dans un sens spécial, le mot indice2 est employé pour désigner un nombre relatif (cf. 131-3*) exprimant la valeur d’une certaine quantité par rapport à celle d’une autre quantité de même nature, ou de la même quantité à une autre époque, prise pour base cent3 — c’est-à-dire à laquelle on attribue conven-tionnellement la valeur 100 (ou toute autre puissance de 10) dans cette échelle de valeurs relatives.

  • 1. Signalons, à ce propos, l’emploi du mot indicateur au sens, plus large, d’élément d’appréciation caractéristique d’une situation complexe. On dira, p. ex., que le taux de mortalité infantile est un bon indicateur de l’état sanitaire général de la population.

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Nombre d’indices (136-1) utilisés en démographie sont intimement liés à une certaine période d’observation1. Tel est notamment le cas de la plupart des taux (133-4). On les dénomme taux annuels2 lorsqu’ils sont calculés sur la base des observations effectuées pendant une année, et taux moyens annuels3, ou taux annuels moyens3, lorsque leur calcul reposesur la moyenne des données recueillies pendant plusieurs années consécutives. Les taux calculés sur une période plus courte que l’année sont généralement ramenés à l’année4 en les multipliant par un facteur convenable. On considère aussi des taux instantanés5, définis comme la limite vers laquelle tend un taux ramené à l’unité de temps, lorsque la période d’observation tend vers zéro (cf. 432-4 et 703-1).

  • 3. Dans les anciens textes, il faut entendre par année commune une année ordinaire, et l’expression équivaut en fait à année moyenne.
  • 4. Les taux trimestriels et les taux mensuels sont généralement ramenés à l’année, sans même que cela soit précisé.

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